On n'accompagne bien que ce qu'on a vécu.
On conseille le changement. On le vit rarement.
Dans la gestion du changement, il y a une vérité dont on parle peu. On passe beaucoup de temps à accompagner les autres dans leurs transitions, à structurer leur adoption, à gérer leurs résistances. Mais on se demande rarement si nous-mêmes, on vit le changement qu'on prêche.
J'ai obtenu macertification Prosciil y a quelques mois. Et plutôt que d'y voir un point de départ, je l'ai vécue comme la confirmation d'une posture que j'avais déjà adoptée.
Parce que le changement, je ne l'ai pas seulement étudié. Je l'ai pratiqué sur moi.
Ces derniers mois, j'ai adopté l'intelligence artificielle (oui tout le monde en parle). Pas comme un outil de chat, comme tout le monde. Mais comme un outil capable de matérialiser mes idées, de rendre possible ce que je croyais hors de ma portée, seul.
Deux projets en sont nés.
Le Dépôt (ledepot.co), une bibliothèque collaborative pour les professionnels de la communication francophones en Afrique de l'ouest. Un espace pour mutualiser les ressources, les portfolios, les savoir-faire d'une communauté qui en manquait.
Page d'accueil de la plateforme ledepot.co
Ronde Sécurité (rondesecurite.ca) , un produit québécois qui digitalise les rondes d'inspection de véhicules obligatoires pour les flottes de PME. Un secteur très loin du premier, dans un marché très différent.
La même bascule personnelle s'est imposée sur les deux idées : passer de l'idée à l'exécution, en adoptant des outils que je ne maîtrisais pas il y a 6 mois.
Et c'est là que la boucle se referme: Quand tu as toi-même ressenti la courbe d'apprentissage, l'inconfort de l'incompétence temporaire, la tentation d'abandonner avant que ça ne devienne fluide, tu comprends mieux ce que vivent les équipes que tu accompagnes. Tu ne leur parles plus du changement depuis l'extérieur. Tu sais ce que ça coûte de l'intérieur.
La certification m'a donné le cadre et le langage. L'expérience m'a donné autre chose : la conviction que le changement ne se conseille pas vraiment tant qu'on ne l'a pas traversé soi-même.
C'est peut-être ça, finalement, que cette année m'a appris.On n'accompagne bien que ce qu'on a vécu.