L'expérience internationale qu'on n'appelle jamais ainsi
Quand un professionnel formé en Afrique arrive au Québec, on parle souvent de ce qu'il vient chercher. Une stabilité, des opportunités, un cadre. C'est vrai. Mais on parle rarement de ce qu'il apporte dans ses valises. Et c'est dommage, parce qu'il y a beaucoup à y découvrir.
Il apporte des projets qui avaient du sens. Lancer une marque dans un marché où tout est à construire. Mobiliser des communautés sans le budget média adéquat. Déployer des solutions dans des environnements où l'agilité se vit au quotidien, bien avant d'être un mot à la mode dans les organisations :) . Ces expériences forment des professionnels complets, habitués à créer de la valeur avec ce qu'ils ont, là où ils sont.
Il apporte une lecture du monde que les marchés d'ici gagnent à avoir dans leurs équipes. L'Afrique, ce sont des économies jeunes, urbaines, mobiles, qui adoptent les technologies à une vitesse qui surprend souvent ceux qui n'y ont jamais travaillé. Celui qui a appris son métier là-bas a développé des réflexes que les organisations d'ici recherchent : proximité avec les publics jeunes, aisance numérique, capacité à fédérer des équipes aux profils très différents.
Il apporte enfin quelque chose de plus discret : l'envie de contribuer. On traverse rarement un océan pour faire le minimum. Ceux qui arrivent ici veulent bâtir, apprendre, s'ancrer. Toute équipe gagne à avoir cette énergie dans ses rangs.
Et il faut le dire : cette confiance existe déjà. Des entreprises d'ici ouvrent leurs portes à ces profils, leur confient des mandats d'envergure, et s'en trouvent bien. J'en sais personnellement quelque chose. Ces exemples méritent d'être racontés, parce qu'ils montrent que ça fonctionne.
La question n'est donc pas de savoir s'il faut faire confiance aux parcours venus d'ailleurs. Elle est de savoir comment le faire plus souvent, et plus tôt. Reconnaître l'expérience acquise là-bas comme une vraie expérience. Confier des responsabilités à la hauteur des compétences, pas seulement à la hauteur de l'ancienneté locale.
C'est peut-être ça, le vivre ensemble appliqué au monde du travail. Pas seulement accueillir des personnes. Accueillir aussi ce qu'elles savent faire.